De la menuiserie au luxe des galons en croisillon
Tout commence avec l’artisanat. Les ateliers Louis Vuitton à Asnières, situés aux portes de Paris, illustrent le savoir-faire exceptionnel de la maison. Louis Vuitton, visionnaire, choisit d’y vivre avec sa famille pour rester proche de ses ouvriers : menuisiers, selliers, gainiers et serruriers.
Les cargaisons de bois de peuplier, prisées pour leur légèreté, leur résistance à l’eau et leur capacité à repousser les insectes, étaient acheminées par la Seine. Aujourd’hui, l’okoumé du Gabon a pris le relais. Les premières malles, à couvercle plat, étaient renforcées par des cerclages de bois et de fer noir.
Le revêtement intérieur, initialement en chanvre peint en gris Trianon, évolue au fil du temps avec des motifs à damiers ou monogrammés. En 2010, la maison innove avec la toile Murakami, symbole de modernité. Chaque détail témoigne d’une histoire que la marque continue de raconter.
Les croisillons en satin à l’intérieur des malles, autrefois utilisés pour maintenir les documents en place, sont désormais réinterprétés comme des éléments décoratifs ou en trompe-l’œil.
La précision d’un artisanat unique
Une fois la structure de la malle achevée, elle est recouverte de coton, puis habillée de la toile iconique ornée des initiales LV. Dès les débuts de la maison, les contrefaçons apparaissent, un défi que Louis Vuitton surmonte en innovant constamment.
Les toiles évoluent avec le temps : des rayures rouges et beiges, le damier introduit en 1888, présenté lors de l’Exposition universelle de Paris, jusqu’au célèbre monogramme créé par George Vuitton, rendant hommage à son père.
L’artisan ajuste méticuleusement la toile pour garantir une symétrie parfaite. La technique de lozinage ajoute des protections en cuir ou en fibre vulcanisée, fixées avec des centaines de clous martelés avec soin. Les serrures, coins métalliques, boucles et poignées sont ensuite posés pour finaliser la pièce.
Une fois fermée, la malle arbore le fameux « V » de la victoire, symbole de perfection et d’élégance.
Des malles aux finitions luxueuses
Les malles Louis Vuitton se distinguent par la diversité de leurs matériaux et finitions : cuir d’agneau, peaux exotiques, taurillon ou encore chèvre pour l’intérieur. Le cuir de veau, souvent tanné avec des extraits végétaux, provient principalement d’Europe du Nord, notamment de Belgique. Chaque détail, de la fleur du cuir au doublage en coton, reflète une qualité irréprochable.
Dans les ateliers baignés de lumière naturelle, chaque création est une œuvre d’art où différents corps de métier unissent leur expertise pour façonner l’exceptionnel.
Posséder une malle Louis Vuitton, c’est acquérir un compagnon de voyage conçu pour durer toute une vie. Et vous, si vous pouviez personnaliser une malle, quel trésor y transporteriez-vous ? Les commandes spéciales, imaginées sur-mesure, permettent à chaque client de voyager avec élégance et singularité.
Des créations sur-mesure pour chaque époque
Avec l’essor des moyens de transport, Louis Vuitton innove pour s’adapter à toutes les formes de voyage. Des sacs « chauffeurs » pour les roues de secours, des malles marchepieds adaptées aux carrosseries, ou encore des malles bombées pour les toits des voitures : chaque création répond à des besoins spécifiques.
Les commandes spéciales de l’atelier, véritable signature de la maison, s’adaptent aux demandes les plus audacieuses : transporter des documents, des œuvres d’art, une télévision ou même un service à thé complet. Chaque détail est conçu avec une précision millimétrée.
Des commandes iconiques pour les grandes personnalités
Les malles Louis Vuitton, véritables trésors intemporels, ont marqué l’histoire. La célèbre malle-lit créée en 1868 ou la malle à chaussures de Greta Garbo, conçue pour transporter une vingtaine de paires, illustrent le luxe pratique. Même Karl Lagerfeld possédait une malle pour ses baladeurs numériques, et une malle « casino » a su trouver sa place au cœur des salles de jeu.